Alexandre Bain et le pouilly-fumé

 L’histoire d’Alexandre Bain a fait couler beaucoup d’encre. Comment un vigneron qui travaille bien et dont les vins sont unanimement reconnus peut-il se faire exclure de son appellation pouilly-fumé ? Bon sang, mais c’est bien sûr, il a osé le bio !

Dans la presse vin et même dans certains titres grand public, l’histoire d’Alexandre Bain a été largement couverte et l’on a pu apercevoir, sur papier glacé ou recyclé, le bonhomme avec sa casquette vissée sur la tête ainsi que ses percherons au labour dans les rangs. Il n’est pas le premier à se faire virer d’une appellation et il ne sera pas le dernier. Il est juste un de plus à se faire jeter comme un malpropre. Un phénomène qui, malheureusement, ne date pas d’hier.
De nombreux vignerons reconnus parmi les meilleurs se sont faits déclasser leurs vins qui sont ainsi passés d’appellation à vin de table ou vin de France. Si certains ont décidé eux-mêmes de ne plus présenter quelques cuvées à l’agrément, d’autres ont été sortis, la plupart du temps, de manière arbitraire. Les exemples sont légion, du talentueux Didier Barral, à Faugères, qui s’était fait déclasser son sublime Valinière, à Philippe Gourdon du Château Tour-Grise, à Saumur, Dominique Derain en Bourgogne ou encore, plus récemment, Olivier Cousin dans le Maine-et-Loire. Le point commun entre tous, le bio ou la biodynamie. Ils ont osé donner naissance à des vins propres, nets, vinifiés le plus naturellement possible. Quoi que chacun pense et aime boire comme style de canons, ces types-là travaillent en respectant la nature, c’est un fait certain. Leurs vins sont présents sur les plus belles tables de France et aux quatre coins du monde dans les restaurants étoilés. Alors, même si le terme « vin naturel » est à débattre, étant devenu quelque peu fourre-tout, et même si nous pensons que le zéro soufre absolu n’est pas obligatoirement une n en soi, l’élément le plus important et surtout indiscutable demeure que leurs vins ne présentent aucun défaut, et qu’ils goûtent divinement bien. Et ceux d’Alexandre Bain n’échappent pas à la règle. Dire le contraire serait en réalité a rmer que les sommeliers des plus beaux établissements dégustent comme des poneys, en choisissant de mettre ses vins sur leurs cartes !

Découvrez l’intégralité de ce reportage de PAymone Vigière d’Anval (textes) et Jean-Luc Luyssen (photos),
dans les pages du N°2 de la revue 12°5

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