Jo Landron, le muscadet : parole à la défense

Depuis les années 1990, Joseph Landron, dit « Jo », a mis à genoux plus d’un muscadet sceptique avec ses remarquables vins de terroir qui s’invitent chez les meilleurs cavistes, dans les bistrots de première et sur les tables étoilées. Il est l’une des figures les plus talentueuses et attachantes d’un vignoble qui mérite mieux qu’un regard condescendant.

Entendu de la bouche d’un vigneron du muscadet il y a quelques années : « Je suis né dans le mauvais vignoble ! »
Aux particuliers qui passaient au domaine, le gars écoulait avec peine sa grande cuvée, pourtant absolument délicieuse, à 4,50 euros… Vu la qualité du breuvage, on aurait sans sourciller ajouté un billet de 5 euros à ce tarif rase-mottes.
Le super-boulot de ce producteur méconnu était plombé par la sale réputation du muscadet, dont l’image de « sympathique tord-boyaux juste bon à accompagner une douzaine d’huîtres » colle encore beaucoup trop à la peau des raisins. Depuis de nombreux millésimes, Jo Landron ne sou re plus de ce problème, même s’il arrive encore parfois qu’un quidam non averti et déboulant au caveau par hasard tique devant les prix pourtant raisonnables de la maison : « C’est cher pour du muscadet ! » Comme et peut-être plus que d’autres, il faut dire que le vignoble nantais a un peu tendu le bâton pour se faire matraquer avec une production longtemps et majoritairement médiocre. Aujourd’hui, une légère schizophrénie semble animer les ambitions locales. D’un côté, on identifie et on officialise des crus communaux avec des cahiers des charges exigeants pour reconnaître et faire grimper la qualité. Avec Le Pallet, Gorges et Clisson, ils étaient au nombre de trois en septembre 2016, sûrement quelques-uns de plus depuis.
De l’autre, sur le dos de viticulteurs pas franchement bien rémunérés, le négoce continue de verser dans la grosse cavalerie de pinards bas de cave vendus une toute petite poignée d’euros en grande distribution. De quoi laisser le consommateur dubitatif, voire sceptique, alors que le connaisseur, pro ou amateur, a pigé depuis longtemps que le vignoble nantais a aussi de belles histoires à raconter…

Découvrez l’intégralité de ce reportage de Pierrick Jégu (textes) et Eric Fénot (photos),
dans les pages du N°2 de la revue 12°5

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