“Au nom de la terre” :
un hommage au monde paysan

La terre saigne, silencieusement, tout comme ses fils, nos agriculteurs, autrefois fiers de leur profession et qui se donnent aujourd’hui la mort au rythme d’un par jour. Comment en sommes-nous arrivés là ?
Avec son tout premier film, “Au nom de la terre”, sorti en salles le 25 septembre, le réalisateur Edouard Bergeon, fils de paysan, met en images une saga familiale intimiste, émouvante, inspirée de sa propre histoire, qui offre au spectateur quelques éléments de réflexion.

En janvier dernier, nous avions retrouvé Edouard Bergeon en Mayenne, pour la deuxième partie du tournage. En toile de fond, l’exploitation agricole de  Saint-Pierre sur Orthe, une ferme semblable à celle qui avait servi de décor à l’enfance du réalisateur. Parfait pour planter celui de son premier film, une auto fiction qui emprunte ses accents de vérité à l’histoire personnelle d’Edouard et de son père, Christian Bergeon, un fier paysan Poitevin qui met fin à ses jours par une nuit de mars 1999, en avalant des pesticides…

L’auto fiction, parce que la réalité telle que l’a vécue Edouard n’aurait jamais été acceptée par le grand public : “On n’y aurait pas cru” nous livre-t-il.
Emmené par de fabuleux acteurs comme Guillaume Canet – métamorphosé pour endosser le rôle du père – Rufus, le grand-père, le jeune et prometteur Anthony Bajon qui joue le rôle d’Edouard, ou encore la talentueuse Veerle Baetens, Au nom de la terre joue ingénieusement le répertoire du drame familial tandis qu’en filigrane, son réalisateur y peint les quatre décennies d’un monde paysan qui se meurt dans l’indifférence générale.

Un film à voir absolument, autant pour la beauté de ses images, la qualité de ses acteurs, que pour l’urgence des questions qu’il pose quant au devenir de notre monde paysan.

Bande annonce

 

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