Veiller au grain :
« Je serais pas étonné qu’on ferme »

Veiller au grain : <br/>"Je serais pas étonné qu’on ferme"
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Bien avant que la planète ne tremble face à l’arrivée du nouveau variant du Covid-19, baptisé Omicron, la situation en France n’était pas des plus joyeuses au niveau des contaminations. Une étude réalisée par l’Institut Pasteur, entre le 23 mai et le 13 août 2021 – période qui correspondait à la réouverture progressive des lieux publics – et dont les résultats ont été dévoilés fin novembre, indique sans surprise que les lieux où l’on se contamine le plus sont… les bars, les clubs et les soirées.

Et les restaurants ? Si le Ministre de la santé, Olivier Véran, a assuré, le 25 novembre dernier, que le gouvernement excluait tout confinement ou tout couvre-feu – pour le moment -, le président du GNI (Groupement national des indépendants de l’hôtellerie – restauration), Didier Chenet, après son entretien avec le ministre délégué aux PME, Alain Griset, semblait moins optimiste. Il a d’ailleurs alerté ses membres face à la situation en rappelant qu’un peu plus de 20 000 personnes sont dépistées positives chaque jour (30 000 depuis) et 20 000 c’est peu ou prou le nombre de personnes contaminées quotidiennement en 2020 à la même époque. Et que croyez-vous qu’il arriva ? Bars et restaurants durent fermer leurs portes face à cette situation.

Un relâchement visible et sans doute préjudiciable. Dans son intervention, Didier Chenet poursuit en soulignant qu’il avait constaté un relâchement dans le contrôle du pass sanitaire des clients. Il n’est pas le seul à l’avoir noté et les témoignages se multiplient. Un relâchement d’un certain nombre de vilains petits canards qui « mettent en danger l’ensemble de la profession en l’exposant à une fermeture générale. » Effectivement, avec 30 000 cas par semaine et une couverture vaccinale de 88 %, il y a fort à parier, que la profession soit encore montrée du doigt. Soulignons au passage qu’en décembre 2020, une première étude de l’Institut Pasteur avait indiqué qu’une part du risque d’augmentation des contaminations était associée à la fréquentation des bars et des restaurants. Et toutes les organisations professionnelles du secteur, GNI inclus, de s’insurger à l’époque contre les résultats de cette étude qu’elles qualifiaient de « sans fondement », « sans preuves scientifiques », « de propos scandaleux et diffamatoires pour les professionnels de la restauration ».

Respectez les protocoles ! Manifester contre le pass sanitaire en affichant des messages comme « bistrots, café, restos, contrôler n’est pas notre métier », refuser de le demander sous prétexte que le client est installé en terrasses et s’insurger contre les résultats d’une étude d’un Institut mondialement reconnu tout en percevant de très généreuses aides de l’état quand d’autres professions ne touchaient que des clopinettes, est à la limite de l’indécence. Évidemment, tout le monde n’est pas à mettre dans le même panier et heureusement une très large majorité des bars et des restaurants est dans les clous au niveau du contrôle du pass sanitaire mais le comportement honteux de quelques-uns pourrait réduire à néant les engagements sincères des autres qui aimeraient travailler dans les prochaines semaines sans une épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes.

Philippe Toinard – Rédacteur en chef de la revue 180°C

 

 

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