Frédéric Palacios,
au nom de la Malepère

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Oubliez les clichés sur les « petites » ou les « grandes » appellations. Seul compte le travail effectué à l’échelle du domaine. Et, de ce point de vue, le vigneron du Mas de mon Père, Frédéric Palacios, conjugue rigueur, philosophie et inspiration pour porter haut les couleurs de l’AOP Malepère, du côté de Carcassonne.

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« Je ne croyais pas du tout au terroir de la Malepère. Pourtant, j’y suis né, pas dans une feuille de chou mais dans une feuille de vigne », raconte Frédéric Palacios, qui confie ainsi ses souvenirs de môme dans les ambiances de vendanges sur le domaine familial. Après un BTS Protection des cultures, il bifurque pour devenir vigneron. Et tourne le dos à son berceau pour filer s’installer dans le Minervois puis dans le Saint-Chinianais voisins. Là, il verse dans le système de la cave coopérative. Et comprend vite qu’il n’y fera pas de vieux os. En 2005, retour dans son massif de la Malepère, au sud-ouest de Carcassonne : « c’est paradoxal mais en m’éloignant de mon terroir, je me suis rendu qu’il y avait des choses fabuleuses à y faire ». À Arzens, Frédéric reprend les vignes de son grand-père alors entretenues par son père, pour faire son propre vin.

Motivé par la rencontre de collègues en bio ou en biodynamie durant ses quelques années « d’exil », il teste immédiatement le bio avant d’y basculer totalement en 2007.

A Malepère, il en est alors le pionnier et quelques regards sceptiques se posent sur sa démarche. Aujourd’hui, son domaine baptisé Mas de mon Père s’étend sur 6 hectares, taille plutôt modeste dans ce vignoble qui ne manque pas de singularités : à équidistance de Narbonne et de Toulouse, dans le prolongement des Corbières et limitrophe de l’appellation Limoux, le massif de la Malepère, entre 220 et 435 mètres d’altitude, se pose à la frontière des influences méditerranéennes et atlantiques. Assez arrosé – 800 mm de précipitations par an -, il a l’avantage d’amplitudes thermiques assez larges entre le jour et la nuit, d’une biodiversité riche, ou encore d’une exposition nord-ouest qui permet aux vins de conserver de la fraîcheur. Ses sols ? Atypiques aussi, argilo-gréseux, poudingues ou encore sables, sur lesquels sont plantés aussi bien des cépages méridionaux, océaniques que plus septentrionaux. Au Mas de mon Père, Frédéric cultive donc du merlot, du malbec, du cabernet franc, du cabernet sauvignon, du cinsault, du carignan – d’une vigne qu’il a conservée à Saint-Chinian -, du chasan, du sauvignon blanc, du sauvignon gris et du chardonnay ! Rien que ça, pour chaque année donner naissance à quatre cuvées rouges – Cause toujours, Tu m’intéresses, C comme ça, M comme je suis – et un blanc nommé Quitte ou double, toutes issues de macération carbonique – mais sans refroidissement des raisins. Le profil commun de tous ces vins : la quête permanente de la buvabilité. Le travail à la vigne ? Beaucoup d’observations et d’anticipation, une adaptation aux caractéristiques du millésime et, également en vinifications, la prise en compte des quatre éléments, l’eau pour cette fameuse buvabilité, la terre pour le terroir, l’air pour la fraîcheur et le feu pour les arômes. Toujours en mouvement, Frédéric Palacios travaille aussi beaucoup sur les formes géométriques, notamment celles des contenants de vinif et d’élevage. Il nourrit aussi un projet de mise au point d’un œuf couché en terre, à condition que la terre vienne de chez lui.

Mais la grande ambition du moment reste le passage en biodynamie.

Loin de lui l’idée de se contenter des préparations 500 et 501 pour se dire biodynamiste : « c’est un long chemin, ça demande de la maturité. Avant de se convertir pour de bon, il faut apprendre à connaître son terroir et son milieu. Je mûris cela depuis dix ans et aujourd’hui je me sens prêt ». Sûr que les vins du domaine, déjà remarquables, vont en profiter pour gagner encore en énergie et en profondeur.

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Retrouvez les vins de Fred Palacios en vous abonnant sur le site www.viamo.fr,
la box des vins dédiée à tous les grands vins au naturel (bio, biodynamiques, nature…)
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Frédéric Palacios, <br/>au nom de la Malepère 5

 

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