Jean-Marc Brignot, le naturel au bout du monde

9506 km séparent Jean-Marc Brignot de sa terre natale, la Normandie. Installé depuis l’hiver 2012 sur l’île de Sado, à 400km au nord de Tokyo, c’est son challenge du bout du monde isolé, calme. Un endroit idéal pour son envie de planter des vignes « propres » et en permaculture.

Jean-Marc Brignot, le naturel au bout du monde 1

 

« J’ai toujours été sensible à la destruction de la nature. Travailler la terre en organique, bio, ou nature, c’est quelque chose qui m’a toujours habité ».

Cinq ans après son arrivée sur ce petit bout de terre nippon, Jean-Marc a pour objectif d’avoir une ferme de deux hectares. Pour le moment, ce sont 0,2 hectares du cépage blanc autochtone le koshu qui sont plantés. Dans l’empire du soleil levant, il faut aussi savoir diversifier les productions. Le producteur acoquine les vignes à des fruits et légumes de saison. « Ses potagers viticoles ou vignes potagères » alimentent « la barque de Dionysos » le petit bar à vin, bistrot qu’il a ouvert avec sa femme Satomi dès son arrivée. «Concernant le vin, j’y vends celui des copains, pour montrer aux locaux le type de quille que nous aimons et savons faire. ». Jean-Marc sait faire, en effet, puisqu’en 2004, le futur vigneron rachète les vignes du domaine arboisien Robert Aviet de 4.5 hectares, revendues 8 ans après.

En 2018, Jean-Marc monte une association avec petite dizaine agriculteurs japonais qui veulent savourer leurs vins locaux. L’association récupère des hybrides de muscat de bailey et de koshu de tous les vignobles du Japon. « On fabrique nous-même des francs de pieds, parce qu’il n’y a pas de phylloxera ici, nous avons mis de quoi planter à peu près un hectare en pépinière. Si tout se déroule bien il y aura un 1.5 hectare de vignes sur l’île entière». L’oiseau Toki, une sorte d’ibis nippon est une espèce protégée, du coup les désherbants et pesticides sont interdits sur les bordures de rizières où vient s’alimenter l’oiseau sacré. La culture dite “naturel” est donc plus facile ici. « Avec nos hybrides, on peut faire de jolis vins agréable, simples, des vins qu’on boit avec des copains. Nous ferons nos premières vendanges fin octobre 2021, avec une prévision d’au moins 6000 litres. Une production minimum obligatoire pour vendre nos vins selon la loi japonaise. »

Jean-Marc et sa femme sont arrivés sur cette île du bout du monde en partant de zéro. « Un de mes objectifs maintenant, c’est planter des vignes en agroforesterie et acheter un terrain/forêt. » Les arbres restituent de la matière organique via les feuilles qui tombent, la décomposition des racines structure le sol et facilitent son activité biologique.

Et comme le dit Jean-Marc Brignot «Boire un verre avec des amis, partager un repas, goûter et savourer un vin, en parler, la convivialité autour d’une bonne bouteille, que ce soit en France ou au Japon reste une magnifique zone de confort universelle ».

Reportage (texte et photos) de Julia Bouchet pour La Gazette 180°C
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