Écrire est humain, éditer est divin

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© Les éditions de l'épure

Dans le petit monde de l’édition culinaire

Le petit monde de l’édition culinaire se divise en deux mondes dissemblables : les industriels du papier produisant à jet continu et les artisans-éditeurs mitonnant leurs petits plats. Les éditions de l’épure font partie de cette seconde catégorie. Sélection de textes originaux, voire iconoclastes, édition soignée, maquettes originales, le lecteur est ici entre de bonnes mains. Parmi les nombreux titres de la maison, trois publications très amusantes à découvrir.

 

L’art de saucer de Mayalen Zubillaga. 119 pages, 10 €
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© Les éditions de l’épure

Enfin un auteur qui s’empare de ce sujet essentiel ! Car « saucer », ce n’est pas promener n’importe quelle mouillette à la va-vite dans l’assiette, le nez en l’air. Non, c’est un art. Une dévotion. Et un hommage à la substantifique moelle, au cœur même de toute recette : sa sauce ! Ainsi, au fil des pages, vous saucerez marseillais avec les pieds paquets, oriental avec le tajine ou franchouillard avec le camembert chaud ! À lire sans tarder. Avec un morceau de pain.

 

Trente nuances de gros rouge de Philippe Quesnot. 155 pages, 12 €
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© Les éditions de l’épure

On ne présente plus Philippe Quesnot, l’épicier savant sévissant au rayon vins nature du Spar de Grasse et cheville ouvrière du blog « Glougueule » avec son dangereux acolyte Michel Tolmer. Trente nuances de gros rouge est l’ouvrage remarquable et définitif que liront tous les hommes et les femmes de glou. Ils y feront un presque tour de France des régions viticoles chéries de l’auteur d’où, passés fous rires et stupéfactions, ils sortiront édifiés et grandis. À lire sans tarder. Avec une quille dans les parages.

 

Dialogue culturel entre les cuisines chinoises et françaises de William Chan Tat Chuen. 188 pages, 20 €
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© Les éditions de l’épure

Le titre de l’ouvrage en dit déjà bien plus sur son contenu que ces quelques lignes. Les deux cuisines dont ont dit qu’elles culminent au Parnasse de la gourmandise sont ici mises en parallèle avec beaucoup d’érudition et de connaissance. Selon les exemples (Jambons de Bayonne vs jambon Jin hua, œufs marbrés au thé vs œufs meurettes, etc.) les pics de la gastronomie mondiale si dissemblables souvent divergent comme attendu, mais aussi, convergent de façon troublante. C’est là un des traits de génie de ce petit livre que de le démontrer avec clarté. À lire sans tarder. Avec fourchette et baguettes.

http://www.epure-editions.com/

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