Arvi* Dominique Belluard

Dominique Belluard
© 180°C - Photographie Éric Fénot
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Ce jeudi 17 juin 2021, alors que nous arpentions les vignes des Corbières, nous avons appris le décès de l’un des plus grands vignerons de Savoie, Dominique Belluard. Les arômes de coing et de fleurs de printemps de la cuvée en blanc que nous dégustions n’avaient tout à coup, plus aucun éclat, accablés par la tristesse. 

Assommés par les récents et rudes aléas climatiques (gel, grêle, sécheresse…) qui ont touché tous les vignobles, les vignerons finissent toujours par se relever. Mais quand l’un d’eux part rejoindre les étoiles, c’est toute une profession qui ne se résout pas à admettre l’impensable. Dominique Belluard s’en est allé emportant avec lui une cuvée Les Alpes pour la partager avec ses confrères, Pascal Clairet, vigneron charismatique du Jura, Olivier Lemasson du domaine Les Vins Contés dans le Loir-et-Cher et Laurent Vaillé, fondateur de la Grange des Pères. Tous avaient en commun la discrétion, l’humilité, la générosité et une vision du vin indépendante et singulière.

Nous avions rencontré Dominique Belluard sur ses terres à Ayse en Haute-Savoie, entre Genève et Chamonix. Il faisait un froid de canard, les vignes étaient comme étouffées par la neige mais malgré les conditions climatiques, Dominique taillait, dans ce petit îlot viticole adossé au Môle, son rare et vieux cépage endémique de la Savoie, le gringet. Converti à la biodynamie au début des années 2000 en n’empruntant à ce mode de culture que ce qui était le plus approprié à son domaine, Dominique Belluard avait vu ses vins gagner en expression, devenant moins austères, moins étriqués. Son nom et ses surnoms « Bellu » ou « Le Do » avaient alors commencé à circuler sur les lèvres des sommeliers, des cavistes et des amateurs désireux de goûter Les Perles du Mont-Blanc, le Mont-Blanc brut zéro, Les Alpes et l’emblématique cuvée Le Feu. Grâce à lui, à ses questionnements, à sa quête d’exigence, il a permis aux vins de Savoie de montrer qu’ils n’étaient pas que des pensionnaires de stations de ski et leur a offert une visibilité que l’on ne croyait plus possible. Depuis, une jeune génération, entre monts et vallées, s’inspire de ce grand monsieur et lui emboîte le pas pour que perdure l’esprit Bellu.

*Au revoir en patois Savoyard

Texte de Philippe Toinard / Photographie Éric Fénot
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1 Comment

  • C’est avec une grande tristesse que j’ai appris le décès de Dominique Belluard, j’ai eu la chance de le rencontrer à plusieurs reprises, c’était un grand monsieur, une personne sensible et authentique, dont le travail et la recherche permanente ont permis l’éclosion d’un magnifique terroir et de grands vins. Nous avons échangé longuement, je garderai en mémoire sa sincérité et sa gentillesse.
    François Guerin

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